Tout est à l’intérieur de nous et nous ne le savons pas

(4/4) Suite et fin de la conférence sur le développement personnel au Centre culturel d’Athéna du 24/10/2018 avec les auteurs Sophie Peters et Laurent Gounelle :

En quoi la spiritualité se différencie du système des croyances ?

SP : L’esprit « raisonne » et l’intérieur de nous « résonne »… Les croyances sont là pour nous rassurer, c’est notre carte du monde. Sur nos croyances nous asseyons nos valeurs.

Dans la religion, la croyance est l’adhésion à ce qui vient à nous. La spiritualité c’est comme une lumière qui nous visite. On sert quelque chose qui est plus grand que nous, de l’ordre de l’âme… Elle commence à nous parler quand l’égo a moins de choses à nous dire, d’où l’expression « en mon âme et conscience »…

LG : Nous avons une vision de la vie, consciemment ou pas. En fait il y a deux grandes visions : spirituelle et matérialiste. L’athéisme est une croyance comme les autres.

Notre société est fondée sur quasi le tout-économie, qui est la conséquence d’une vison matérialiste de la vie. Comment compenser le côté pathétique sachant qu’après 20 ans le déclin physique s’enclenche ? Nous consommons conformément à notre vision matérialiste.

Dans la vision spirituelle, on entrevoit quelquechose de plus réjouissant, qui peut donner un autre sens. Paradoxalement quand on se libère de ses illusions, on est plus heureux. Dans cette vision acceptée comme faisant partie de la vie, la mort peut être vue comme une libération.

SP : Pour résumer ces 2 visions :

-le modèle économique : correspond à « je suis quand j’ai »

-la spiritualité : c’est un ancrage, c’est un grand mot qui peut aussi nous encombrer. Le fait d’être très investi nourrit son âme d’où l’expression « une mission d’âme ». Sans prendre ce vocabulaire, quelque chose de notre vie peut nous animer tel que s’occuper de ses enfants, de sa famille, c’est une sensation de SOI à SOI. Il n’y a pas à le justifier.

En fait tout est à l’intérieur de nous et nous ne le savons pas. Les livres peuvent nous aider, être des compagnons de vie. Mais l’alchimie est à l’intérieur de nous. Etre assise sur le rocher au bord de l’eau, la présence à la nature… nous font ressentir comme être un élément du grand tout, être connecté à quelque chose qui nous dépasse. Par exemple dans la musique classique, les artistes nous ont légué quelque chose venant du plus profond d’eux mêmes.

En fait notre corps et notre psychisme sont très fonctionnels même à travers leur dysfonctionnements !

Que pouvez-vous nous dire sur l’aptitude au bonheur ?

LG : L’aptitude au bonheur n’est pas innée. Peurs et doutes m’ont empoisonné la vie, j’ai dû apprendre à m’accepter mais je ne me considère pas comme un sage abouti. L’important est que chaque jour est meilleur que la veille !

SP : Ce n’est ni un but , ni un objectif dans la vie. Le bonheur est un moment, un état mais ne dure pas, il n’est pas un pays ! Etre émerveillé est une capacité innée. En revanche à chacun/chacune, de trouver sa voie, d’estimer ses moments de bonheur et de qualifier sa vie de réussite en fonction de ses propres critères car cela est très subjectif…

Merci aux deux auteurs, à Géraldine, à Gabriel Palabe et à l’équipe de l’Espace culturel E.Leclerc, ainsi qu’au Centre culturel Athéna d’Auray (56) pour cet instant précieux partagé !